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Opération de la fibrillation auriculaire : à quoi s’attendre

« Se faire opérer » d’une fibrillation auriculaire, dans l’immense majorité des cas, ne signifie pas une chirurgie à cœur ouvert. Il s’agit d’une ablation par cathéter : une intervention réalisée par une veine, sans ouvrir le thorax, souvent en ambulatoire.

Si une opération de la fibrillation auriculaire vous a été proposée, voici concrètement ce qui vous attend, du bilan préalable jusqu’à la reprise des activités. Le détail technique du geste est décrit sur notre page dédiée à l’ablation par radiofréquence.

De quelle « opération » parle-t-on ?

L’intervention consiste à neutraliser, à l’aide d’une sonde introduite par une veine de l’aine, les zones du cœur qui déclenchent l’arythmie — le plus souvent autour des veines pulmonaires. Le cœur n’est pas incisé, il n’y a pas de cicatrice sur la poitrine.

Elle est proposée quand les crises restent gênantes malgré les médicaments, ou d’emblée dans certaines situations. La décision se prend avec le rythmologue, après discussion des options possibles.

Avant l’intervention : le bilan et la décision

Un bilan précède toujours l’intervention : électrocardiogramme, enregistrement du rythme, échographie du cœur, prise de sang. Il permet de confirmer le type de fibrillation et de vérifier l’état du cœur.

Une consultation d’anesthésie est également programmée. C’est le moment de poser toutes vos questions et de signaler vos traitements, en particulier l’anticoagulant.

La veille et le matin : comment se préparer

  • Respecter le jeûne demandé (généralement à partir de minuit).
  • Suivre scrupuleusement les consignes concernant l’anticoagulant : il est le plus souvent poursuivi, mais seule l’équipe décide.
  • Prendre une douche avec le produit antiseptique éventuellement remis.
  • Apporter vos ordonnances, votre carte Vitale et vos derniers examens.

Le jour J, étape par étape

  1. Accueil et préparation : installation en chambre, vérification du dossier, pose d’une perfusion.
  2. Salle d’électrophysiologie : vous êtes installé sur la table, sous surveillance continue.
  3. Anesthésie : le plus souvent locale avec sédation, parfois générale selon les cas. L’intervention n’est pas douloureuse.
  4. Le geste : le rythmologue guide le cathéter jusqu’au cœur, cartographie les zones anormales et réalise l’ablation. Comptez en général une à trois heures.
  5. Surveillance : retour en chambre, repos allongé quelques heures pour le point de ponction.

La sortie : le jour même ou le lendemain

Chez de nombreux patients, la sortie a lieu le jour même. Dans d’autres cas, une nuit de surveillance est prévue. Le déroulement en ambulatoire est détaillé dans notre article sur l’ablation en une journée.

Avant de partir, l’équipe vous remet les consignes : soins du point de ponction, traitements à poursuivre, date du contrôle.

Les suites normales… et les signes qui doivent alerter

Dans les semaines qui suivent, il est fréquent de ressentir une fatigue passagère, quelques palpitations ou des extrasystoles : le cœur cicatrise, et cette période peut durer environ trois mois. Cela ne signifie pas que l’intervention a échoué.

En revanche, certains signes imposent de contacter rapidement l’équipe : fièvre, gonflement ou douleur importante au point de ponction, saignement. Une douleur dans la poitrine, un essoufflement brutal ou un malaise imposent d’appeler le 15.

La reprise des activités

La reprise est en général rapide. La marche est encouragée dès le lendemain ; le port de charges lourdes et le sport intense sont à éviter quelques jours, selon les consignes reçues. La reprise du travail dépend de votre activité et vous est précisée à la sortie.

Un contrôle est programmé pour vérifier le rythme. L’anticoagulant, lui, est poursuivi selon votre profil de risque — voir notre article sur le risque embolique et les anticoagulants.

À retenir

  • L’opération de la fibrillation auriculaire est une ablation par cathéter : pas de chirurgie à cœur ouvert, pas de cicatrice sur la poitrine.
  • Elle dure en général une à trois heures, sous anesthésie locale avec sédation, et la sortie est souvent possible le jour même.
  • Fatigue et palpitations les premières semaines sont normales : le cœur cicatrise pendant environ trois mois.
  • Fièvre, douleur importante au point de ponction ou douleur thoracique doivent faire contacter l’équipe sans attendre.

Questions fréquentes sur l’opération de la fibrillation auriculaire

L’opération de la fibrillation auriculaire est-elle douloureuse ?

Non. Elle est réalisée sous anesthésie locale avec sédation, ou sous anesthésie générale. Vous pouvez ressentir des sensations de pression, mais pas de douleur. Une gêne au point de ponction, à l’aine, est possible les jours suivants.

Combien de temps dure l’hospitalisation ?

Souvent une seule journée : de nombreux patients rentrent chez eux le soir même. Dans certains cas, une nuit de surveillance est prévue. Cela dépend du type d’ablation, de votre état de santé et de l’organisation du centre.

Les palpitations après l’ablation signifient-elles un échec ?

Pas nécessairement. Pendant la période de cicatrisation, qui dure environ trois mois, des palpitations et des extrasystoles sont fréquentes et n’annoncent pas forcément une récidive. Le résultat s’apprécie après ce délai.

Faut-il arrêter l’anticoagulant après l’opération ?

Non, pas de votre propre initiative. Il est poursuivi au minimum plusieurs semaines, puis sa poursuite dépend de votre profil de risque, et non du fait que le rythme semble normal. Seul votre médecin peut décider d’un arrêt.

La fibrillation peut-elle revenir après l’opération ?

Une récidive reste possible. L’ablation offre de bons résultats mais n’écarte pas totalement ce risque ; une seconde intervention est parfois proposée. Votre rythmologue vous expliquera les chances de succès dans votre situation.

Information médicale importante

Les informations présentées ont une vocation pédagogique et ne remplacent pas une évaluation médicale individuelle. Le déroulement, les indications et les risques de l’intervention ne peuvent être déterminés que par votre médecin, en fonction de votre situation et de l’organisation du centre. En cas de douleur thoracique, d’essoufflement brutal, de fièvre ou de malaise après l’intervention, contactez rapidement votre équipe ; en cas d’urgence, composez le 15.


À propos de l’auteur

Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale de Rythmopôle Paris, centre spécialisé en rythmologie cardiaque. Les contenus sont validés par l’équipe de rythmologues exerçant au Cardiopôle Peupliers-Trubert (75013) et au Cardiopôle Yvart (75015). Préparer sa consultation de rythmologie →

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