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Ablation d’arythmie cardiaque : froid ou chaud ? Telle est la question !

L’ablation est une intervention qui neutralise les zones du cœur responsables d’un trouble du rythme, à l’aide d’un cathéter. Pour créer la micro-lésion qui corrige l’arythmie, deux « énergies » sont possibles : la chaleur (radiofréquence) ou le froid (cryothérapie). D’où la question fréquente en consultation : cryothérapie ou radiofréquence, froid ou chaud ?

Les deux techniques sont efficaces et sûres ; le choix dépend surtout du type d’arythmie et de la situation du patient. Voici comment fonctionne l’ablation, comment elle se déroule, et ce qui distingue ces deux approches.

Qu’est-ce que l’ablation d’une arythmie ?

Le cœur associe des cellules musculaires, qui assurent la contraction, et des cellules électriques, qui conduisent le courant à l’origine des battements. Quand l’une de ces zones présente une anomalie, elle peut déclencher un désordre électrique : l’arythmie.

Le principe de l’ablation est d’agir directement, avec une sonde, sur la zone responsable pour la rendre inactive au moyen d’une micro-lésion. Cette technique est détaillée sur notre page dédiée à l’ablation par radiofréquence.

Comment se déroule une ablation ?

L’intervention se déroule en salle d’électrophysiologie, sous anesthésie locale avec sédation ou sous anesthésie générale. Réalisée sous anesthésie, elle n’est pas douloureuse.

Le rythmologue anesthésie le pli de l’aine, puis introduit dans la veine fémorale un cathéter — une sonde souple — qu’il fait remonter jusqu’au cœur pour traiter les zones anormales. Il n’y a pas de cicatrice visible, et la récupération est rapide : la plupart des interventions se font en ambulatoire ou lors d’une courte hospitalisation de 24 heures. Une fatigue passagère après l’ablation est fréquente et normale.

Deux stratégies : détruire ou isoler la zone responsable

Selon l’arythmie, le rythmologue emploie l’une de deux approches.

La première consiste à détruire (cautériser) la zone malade lorsqu’elle est localisée : séquelle d’infarctus, faisceau électrique surnuméraire ou petit « foyer » anormalement actif. C’est le cas, par exemple, du flutter atrial, des extrasystoles ventriculaires ou de la maladie de Bouveret.

La seconde consiste à isoler la zone lorsqu’elle ne peut pas être détruite. Dans la fibrillation auriculaire, l’arythmie naît le plus souvent autour des veines pulmonaires. Le rythmologue trace alors une « barrière » de micro-lésions contiguës autour de ces veines : l’arythmie continue d’être produite mais ne peut plus se propager au reste du cœur.

Cryothérapie ou radiofréquence : quelles différences ?

Dans les deux cas, on positionne un cathéter dont l’extrémité délivre l’énergie sur le tissu. La radiofréquence chauffe la zone (autour de +50 °C), la cryothérapie la gèle (autour de -50 °C). Le résultat est comparable : une micro-lésion qui neutralise l’arythmie.

Radiofréquence (chaud) Cryothérapie (froid)
Principe Échauffement du tissu (~+50 °C) Congélation du tissu (~-50 °C)
Souplesse d’emploi Adaptable à de nombreuses arythmies Souvent utilisée pour isoler les veines pulmonaires (fibrillation auriculaire)
Rayons X Peut, dans certains centres, être réalisée sans rayons X Nécessite généralement une imagerie à rayons X

La radiofréquence est réputée polyvalente et peut, dans certaines organisations, réduire fortement, voire supprimer, l’exposition aux rayons X — un atout pour les patients jeunes et les femmes enceintes. La cryothérapie est fréquemment employée pour l’isolation des veines pulmonaires dans la fibrillation auriculaire.

Comment se fait le choix entre les deux ?

Il n’y a pas de technique « meilleure » dans l’absolu. Le choix entre cryothérapie et radiofréquence est fait par le rythmologue en fonction du type d’arythmie, de sa localisation, du profil du patient et du plateau technique. L’objectif reste le même : supprimer durablement le trouble du rythme dans les meilleures conditions de sécurité.

À retenir

  • L’ablation neutralise les zones du cœur responsables d’une arythmie à l’aide d’un cathéter, sans cicatrice et avec une récupération rapide.
  • Deux stratégies existent : détruire une zone localisée, ou l’isoler (cas de la fibrillation auriculaire).
  • Radiofréquence (chaud) et cryothérapie (froid) sont deux énergies efficaces et sûres.
  • Le choix dépend du type d’arythmie et du patient ; il est décidé par le rythmologue.

Questions fréquentes sur l’ablation par cryothérapie ou radiofréquence

L’ablation est-elle douloureuse ?

Non. L’intervention est réalisée sous anesthésie locale avec sédation ou sous anesthésie générale, ce qui la rend indolore. Une gêne légère au niveau du pli de l’aine peut être ressentie les jours suivants, au point de ponction.

Cryothérapie ou radiofréquence : laquelle est la meilleure ?

Aucune n’est supérieure en toutes circonstances. Les deux sont efficaces et sûres. La radiofréquence est très polyvalente ; la cryothérapie est souvent utilisée pour la fibrillation auriculaire. Le rythmologue choisit la technique la plus adaptée à votre arythmie et à votre situation.

L’ablation guérit-elle définitivement l’arythmie ?

Elle offre de bons résultats et supprime durablement le trouble du rythme chez de nombreux patients. Une reprise reste toutefois possible, parfois traitée par une seconde intervention. Le résultat dépend du type d’arythmie et de son ancienneté.

Combien de temps dure la récupération après une ablation ?

La récupération est en général rapide, sans cicatrice visible. La plupart des patients rentrent chez eux le jour même ou après une nuit d’hospitalisation. Une fatigue passagère dans les jours ou semaines qui suivent est fréquente et normale.

L’ablation expose-t-elle aux rayons X ?

Cela dépend de la technique et du centre. La cryothérapie utilise généralement une imagerie à rayons X, tandis que l’ablation par radiofréquence peut, dans certaines organisations, être réalisée avec très peu, voire sans rayons X — un point important pour les patients jeunes et les femmes enceintes.

Information médicale

Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à une consultation médicale. Les indications, modalités et risques d’une ablation ne peuvent être déterminés que par votre médecin, en fonction de votre situation. En cas de symptôme évocateur d’urgence (douleur thoracique intense, malaise prolongé, perte de connaissance), composez le 15 ou rendez-vous au service d’urgence le plus proche.


À propos de l’auteur

Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale de Rythmopôle Paris, centre spécialisé en rythmologie cardiaque. Les contenus sont validés par l’équipe de rythmologues exerçant au Cardiopôle Peupliers-Trubert (75013) et au Cardiopôle Yvart (75015). Préparer sa consultation de rythmologie →

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